23.04.2008

Le pianiste - rencontre

THE PIANIST (2002) : Le film de Roman Polanski, à la fois conventionnel et pudique, est une très respectueuse adaptation de l'histoire de Wladyslaw Szpilman, pianiste juif ayant erré dans le guetto de Varsovie pendant toute la durée de la guerre, après avoir perdu sa famille. L'émotion du film tient beaucoup à la brièveté des scènes et le jeu retenu des acteurs.

 

La rencontre : Une des séquences se démarque par sa force (elle est l'un des points culminants du film). Il s'agit de la rencontre entre Spilzmann et l'officier nazi qui le sauvera. Szpilman (Adrien Brody) est alors réduit à l'état de miséreux, errant dans les ruines d'un hôpital pour trouver à manger. L'officier nazi (Thomas Kretschmann), au nom inconnu, apparaît littéralement par surprise.

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 Szpilman cherche de quoi ouvrir sa boîte de conserve parmi les ruines. Il n'a alors que cet objetif, manger, et ressemble à un animal traqué : il se déplace à demi voûté sur lui-même, a le regard égaré et la barbe bien avancé. Il fait tomber sa boîte. S'ensuit alors un travelling intéressant qui nous fait découvrir l'officier des pieds à la tête, grâce au mouvement de rotation de cette boîte.

 

 

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L'homme nous est découvert dans un silence total, presque effrayant. Contrairement à Szpilman, il est sûr de lui, le regard perçant et fier. Mais il est également très posé dans son attitude, tel un spectateur de la misère.

 

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Lors de l'échange, l'officier domine Szpilman par le fait qu'il prend la parole, alors que Szpilman bafouille, est situé en hauteur par rapport à lui (il apparaît toujours en amorce) mais surtout par ses regards. Par la suite, il se présente surtout comme un « guide » pour Szpilman qui a tout perdu, alors que l'officier le possède : sa famille (plus tard, on remarquera une photo de famille sur le bureau de l'officier), ses repères, sa parole, ses vivres.

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Cependant, un élément différencie les deux hommes, permettant de les réunir : le piano. Lorsque l'homme apprend le métier de Szpilman, être pianiste a son importance pour lui. Symboliquement, l'homme s'en va (l'amorce disparaît) comme si le fait d'être pianiste ne réduisais plus Szpilman à la nature d'homme traqué. L'officier semble le reconnaître et le respecter.

 

 
Cependant, lorsqu'il l'invite à jouer du piano, Szpilman ne passe pas par la même ouverture de porte que lui et préfère pousser l'autre battant. Malgré l'égalité de ce plan, il subsiste une séparation entre eux, des différences toujours fatales. De plus, ils sont reliés par la présence du piano seulement.

 

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Cette liaison est soulignée par le symbolisme des deux objets posés sur le piano : la casquette d'officier et la boîte de conserve. Cette dernière apparaît illuminée par le soleil car Szpilman est « dominant » par rapport au piano.

 

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281132217.JPGIl commence à jouer. Il retourne ainsi à son statut initial, pour un moment. Szpilman revit un instant de gloire et oublie momentanément la misère dans laquelle il était plongé. Il devient « plus noble », illuminé qu'il est par les rayons du soleil. Les mains crasseuses, sous l'effet de la musique, contiennent une certaine grâce dans le geste.

 

 

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L'officier le pressent et se retire en douceur, comprenant qu'il n'y est pas à sa place. A présent, il est de nouveau un spectateur, mais cette fois-ci du pianiste, d'un homme, et non plus plus d'un miséreux.

03.02.2008

Edward Scissorhands

EDWARD AUX MAINS D'ARGENT : Le film culte de Tim Burton mérite une analyse entière, ce que ce blog ne peut malheureusement pas proposer. Pour un essai sur le symbolisme des mains dans l'oeuvre magnifique du cinéaste, voir l'autre blog http:lysao.hautetfort.com, section cinéma.

Edward, jeune homme pas « fini » à cause de la mort de son créateur, avec des ciseaux à la place des mains, est adopté par une famille américaine moyenne dans un petit quartier tranquille. Son ignorance de la vie et son anomalie vont susciter des réactions plus ou moins vives.


La mort du créateur : Edward (Johnny Depp) se rappelle la mort subite de son « père »(Vincent Price), juste avant qu'il ne lui donne ses mains.


Très belle séquence, n'étant qu'un flash-back et l'une des uniques scènes muettes du film (avec la cultissime dans de la glace « Ice dance »), seulement portée par la magnifique musique de Danny Elfman, elle insiste particulièrement sur le symbolisme des mains et leur pouvoir sur Edward.

 

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Le gros plan sur la finesse de ces mains lui apportent une connotation de perfection surréelle, et fait écho à la composition fantastique du personnage d'Edward.

 

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Le travelling réduit la distance entre Edward et les mains, et son léger effrayement est peut-être dû à la peur de perdre son identité.

 

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Mais doucement, ces mains apprivoisent Edward (et non l'inverse). Une opposition nette entre les deux les réunit : la délicatesse des ciseaux acérés fait écho mais aussi contraste avec la douceur de la main finement sculptée.

 

 

 

 

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La musique annonce la mort (decrescendo des cordes) et passe par les regards. Regard tétanisé de Vincent Price. Regard interrogatif de Johnny Depp.


 

 

 

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Soudain, le créateur ne peut plus maîtriser les mains et Edward, dans un geste de défense (que l'on retrouvera dans d'autres séquences du film), transperce les mains.

 

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Il les regarde à terre, tel l'enfant pris en faute dont les mains auraient joué avec des ciseaux (mais ici, il s'agit de l'inverse).

 

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29.01.2008

L'homme au bras d'or

L'HOMME AU BRAS D'OR : L'étonnant film noir d'Otto Preminger parle de la drogue avec efficacité. Interprété par Franck Capra, Frankie Machine revient de prison après une longue peine et une désintoxycation. Il est prêt à recommencer sa vie. Cependant, tout son entourage ne semble pas convaincu de ses nouvelles résolutions.

 

L'homme de la prison : Arrêtés par une troupe de policier dans la rue, Frankie et son ami discutent dans une cellule de prison contenant une dizaine d'autres hommes.

 

La séquence commence à priori paisiblement, par le mécontentement de Frankie suite à un rendez-vous auquel il devait aller. Il semble plutôt maître de lui. En arrière-plan la cellule est vide, mais la présence des autres prisonniers se devine vers la gauche en hors-champ.

 

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Soudain, un jeune homme fait violemment irruption dans l'arrière-plan, interrompant la discussion et le calme apparent.

 

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Il se rue sur les grilles qu'il se met à secouer avec rage et folie, en manque de drogue.

 

064dfdf389a37feeb8dc2e59ca8caa92.jpgLes autres prisonniers se regroupent et le regardent, abasourdis. Cependant, Frankie, dès l'irruption, s'agrippe par reflexe à un barreau, comme pour l'empêcher de « retomber ». Il baisse ensuite la tête, en proie à des frissons, en écho à la douleur de l'autre. Cependant, son attitude passe inaperçue.

 

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Il se retourne volontairement face aux grilles, donc à la caméra, pour cacher son trouble et nous le dévoiler.

 

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Ce gros plan est particulièrement violent par l'émotion que dégage l'acteur et ses yeux, son étouffement et ses larmes qu'il tente de refouler. De plus, son visage nous coupe de toute l'action en arrière-plan, imposant soudain un calme effrayant.

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28.01.2008

Et au milieu coule une rivière 2

2) La pêche de Paul : Après ce petit-déjeuner, Norman, Paul et leur père (Tom Skerritt) partent pour leur dernière partie de pêche.

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Cette séquence est l’apogée du film, de la relation familiale, du personnage de Paul et surtout du thème de l’eau. Paul y pratique une prouesse de pêche, proche du miracle.

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96f785488a5271640d5a9764798311bd.jpgDurant cette séquence, la force de l’eau s’exprime face à Paul. Le jeune homme maîtrise avec grâce et beauté sa ligne et entame un véritable combat avec la rivière tourbillonnante. Les prises de vues passent du plan moyen au plan d'ensemble, ce dernier signifie la dominance de l'eau et non plus du pêcheur.

Les mains se détachent avec netteté sur le fond bouillonnant, preuve du calme et de la dextérité du pêcheur.

 

 

Au cours de la séquence, Paul tente de s’opposer à son ennemi.

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 Mais rapidement, il est entraîné et se fond dans la masse à la fois effrayante et féerique, pour en ressortir victorieux. Seule le bras réussit à se maintenir hors de l'eau tout au long de la descente.

 

 

 

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Et au milieu coule une rivière 1

ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE : Le très beau et très simple film de Robert Redford, adapté du roman autobiographique de Norman Maclean, se caractérise par l’histoire fraternelle et familiale ayant comme cadre un petit bourg du Montana, traversé par des rivières et empreint de la pêche. Robert Redford réussit avec autant de pudeur et de poésie à retranscrire cette très belle amitié entre les deux frères, merveilleusement interprétés par Craig Sheffer et Brad Pitt.


1) La nomination de Norman : Au cours du petit-déjeuner, Norman Maclean (Craig Sheffer) annonce à ses parents et à son frère Paul (Brad Pitt) sa nomination au poste de littérature anglaise à l’université et donc son départ prochain.

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6c24af25a0dd6aee7e7304915e3ac851.jpgCette scène ne comporte pas de prouesses visuelles mais juste une interprétation très juste, par regards et mimiques, sur la relation entre les deux frères. Norman, en face de son frère, s’oblige à ne pas le regarder tandis qu’il annonce la nouvelle à ses parents.

 

Eux réagissent avec fierté et s’opposent à Paul essayant de cacher avec peine sa déception.


 

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 Le cadre définit Norman et Paul de dos. Le premier rougit de plaisir tandis que la réaction du second est facile à deviner.

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La lutte intérieure de Paul, si efficace grâce à l’excellent Brad Pitt, ne prend fin que lorsqu’il arrive à articuler « Professor ! », interpellant ainsi son frère et l’obligeant à le regarder en face et à dévoiler ses sentiments.

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Norman hésite et relève finalement un regard désolé.

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Paul annonce finalement « I’m proud of you. ». Le cadre comprend maintenant Paul de face et son frère : ils sont réconciliés.

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17.01.2008

FAHRENHEIT 451

FAHRENHEIT 451 : L’adaptation cinématographique du roman de science-fiction de Ray Bradbury, par François Truffaut, ne s’avère pas l’une des œuvres les plus abouties du cinéaste, mais pas la moins intéressantes. Truffaut eut l’intelligence de ne pas construire l’ intrigue amoureuse entre Montag et Clarisse, ce qui fut difficile car l’acteur Oskar Werner, décadent et vaniteux, essayait en permanence durant les prises de séduire Julie Christie. Le tournage fut particulièrement éprouvant pour le réalisateur, brouillé avec l’acteur et tracassé par les problèmes financiers du film (notamment les décors futuristes impressionnants).

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Le premier livre de Montag : (dans la version futuriste, les livres sont strictement interdits et la brigade des pompiers est chargée de les brûler et d’arrêter les « opposants ».).

Tandis que sa femme dort et intrigué par les paroles de Clarisse, le pompier Montag décide de lire en cachette un roman qu’il a récupéré lors d’une « rafle ».

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Cette scène est évidemment essentielle pour le personnage de Montag (malheureusement curieusement interprété par un Oskar Werner lassé). Le hasard est qu’il ouvre pour la première fois un livre autobiographique, où l’histoire d’une vie coïncide avec la sienne qui débute peut-être. Il lit, tel un enfant, avec une élocution maladroite, les Souvenirs intimes de David Copperfield de Mark Twain.

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 Au fur et à mesure de la lecture, le point de vue devient de plus en plus resserrés, symbolisant l’introspection de Montag dans le monde de la lecture, et également la naissance de sa passion.

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Tout au long du texte énoncé, de nombreuses phrases font écho au phénomène se créant en Montag. Par exemple « I am born ». (Je suis né)

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 « Commençons par le début de ma vie » 

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Et surtout, le mot « believe » (croire) qui clôture la séquence.

14.01.2008

Règle du jeu 3

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Octave chef d’orchestre : Octave connaît Christine par le biais de son père, grand chef d’orchestre décédé qui

 

le considérait comme son fils. Tandis qu’à l’intérieur du château, la fête bat son plein (mais pas toujours de manière joyeuse),

 

Christine et Octave se sont réfugiés dehors et discutent gaiement.

 

 

Octave ouvre la fenêtre : il s’agit de la première ouverture vers l’extérieur, où se jouera le drame. La séquence commence d’abord joyeusement. Octave raconte diverses anecdotes, faisant rire Christine.

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En ouvrant la fenêtre, Octave entraîne une rupture avec :

*la folie des autres invités à l’intérieur

*les plans adoptés jusqu’alors (du gros plan au plan d’ensemble)

*l’ambiance : seules les notes au piano se font entendre.

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Octave imite alors le père de Christine démarrant l’orchestre. Il se symbolisent lui-même car, jusqu’à la fête, Octave était le chef d’orchestre des relations amoureuses entre André et Christine, mais aussi indirectement des autres protagonistes. Au moment où il s’apprête à lancer le concert, Octave s’arrête net : il ne peut plus contrôler les événements et le drame qui va suivre.

 

 

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Règle du jeu 2

Marceau et Lachesnay : Robert Lachesnay s’est pris d’affection pour un braconnier de ses terres misérable, Marceau (Julien Carette) , et l’a engagé dans le château. Cependant, Marceau s’est pris d’amour pour Lisette, la femme du garde-chasse Schumacher, ce que ce dernier voit d’un très mauvais œil. Marceau, traqué par le mari dans les couloirs du château, demande de l’aide à son employeur…

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Cette scène représente un court moment, la possible absence de distinction entre les classes sociales. Marceau interpelle Lachesnay dans une impasse du décor, symbolisant la mise à l’écart des conventions.

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Le « déclassé » confie ses problèmes de coeur à l’aristocrate. Et ce dernier y répond par ses propres sentiments ressemblants. Par la discussion sur les femmes, les deux hommes se rejoignent.

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De plus, tout en s’opposant et en s’unissant, Marceau, la cigarette en bouche et les cheveux gras, refait le nœud papillon de Lachesnay, l’aidant à retrouver sa noblesse au sein de ses invités.

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Règle du jeu 1

LA REGLE DU JEU : Le film de Jean Renoir, aujourd’hui incontournable mais autrefois fortement critiqué et dévalorisé, est une satire subtile de l’aristocratie, où les chassés-croisés amoureux de personnages hauts en couleur sont d’une ingéniosité remarquable. Jean Renoir n’y condamne personne, tout en ironisant les dialogues et les protagonistes.

 

Etudes de trois séquences particulières, dont deux annonçant le drame final.

 

L’arrivée d’André Jurieu : André Jurieu ( Roland Toutain) , aviateur, est amoureux de Christine (Nora Gregor), mariée à Robert Lachesnay (Marcel Dalio ), homme riche et collectionneurs d’automates. Ils ont un ami en commun, Octave (Jean Renoir), qui va demander à Lachesnay d’inviter André pour le week-end de chasse qu’il organise. Christine attend donc André.

 

Cette séquence, très importante, symbolise par sa mise en scène l’amour impossible de Christine et d’André, notamment parce qu’ils n’appartiennent pas à la même classe sociale.

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La voiture comprenant André et Octave arrive devant l‘entrée du château, tandis qu’un autre plan nous montre Christine discutant dans le hall d’entrée.

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Elle aperçoit soudain la voiture. En réponse à la question de son amie quant au nouvel invité, Christine dévoile son nom et ainsi les réunit dans le même plan par le biais d’un travelling dévoilant l’entrée.

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 Cependant, la rampe d’escalier située entre eux deux symbolise l’impossibilité de se rejoindre. Ils restent à distance et c’est Octave, personnage naviguant entre les deux classes sociales, qui permettra d’introduire André.

 

 De même, leur union concrétisée par leurs mains serrées semblant un signe d’accueil, est brisée par l’arrivée rapide de

  Lachesnay, qui prend tout de suite soin de sa femme. Ensuite, il annonce les autres invités, noyant l’amour d’André et de Christine.

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13.01.2008

ARMEE DES OMBRES 2

2) La mort de Mathilde

Il s’agit de la séquence finale, où Mathilde (Simone Signoret), une des pionnières de la Résistance, capturée par la Gestapo, est assassinée par ses collaborateurs les plus proches. Face à un dilemme mettant en danger tout le réseau, elle est mise en liberté provisoire et les autres personnages centraux du film – Gerbier (Lino Ventura) ; Luc Jardie, le grand patron (Paul Meurisse) ; Lemasque (Claude Mann) ; Le Bison (Christian Barbier) – en profitent.


Cette séquence est l’unique commençant par un plan où s’inscrit une date très précise, soulignant son importance symbolique.

(Par ailleurs, le même principe est utilisé dans le film récent d’Andrew Dominik sur l’assassinat attendu de Jesse James. Mais il faudra attendre la sortie en DVD pour avoir les chroniques au sujet de cette séquence).

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Deux travellings, arrière et avant, s’opposant, symbolisent la venue de la mort pour Mathilde. Le travelling arrière sur la voiture aux vitres fumées, lui confère une impression de supériorité des assassins invisibles ; tandis que le travelling avant sur Mathilde, avançant elle aussi, la réduit à l’état de victime impuissante.

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8169f96c66cd23413d3e0ce7f46fddeb.jpgDe même pour la séquence d’étranglement, Melville privilégie avec brutalité les gros plans successifs et saccadés des personnages regardant hors champ, leur victime ou leur meurtrier, néanmoins réunis par cette mort finale.


Le regard impressionnant de Mathilde, laisse planer un doute. Est-ce de la surprise, de l’attente ou de la peur qu’elle ressent ?

 

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Cette séquence où les membres de la Résistance se confrontent à leurs sentiments contraires à leurs actes, annonce ensuite leur destin tragique, leur mort unique étant présentée de manière universelle, malgré leur petitesse dans l’organisation.

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